Jonathan Cherki : l’entrepreneur français qui veut rendre l’expérience numérique plus intelligente

Jonathan Cherki : l’entrepreneur français qui veut rendre l’expérience numérique plus intelligente

À l’heure où Internet ne se résume plus à un simple site web, comprendre ce que fait un utilisateur lorsqu’il navigue en ligne est devenu un enjeu majeur pour les entreprises.

Pourquoi un visiteur quitte-t-il une page ? Pourquoi abandonne-t-il son panier ? Pourquoi consulte-t-il plusieurs produits sans acheter ? Pourquoi une expérience numérique fonctionne-t-elle pour certains utilisateurs et pas pour d’autres ?

C’est précisément autour de ces questions que Jonathan Cherki a construit son parcours entrepreneurial.

Fondateur de Contentsquare, il a fait de l’analyse de l’expérience numérique l’un des domaines importants de la transformation digitale.

Et en 2026, avec l’arrivée massive de l’intelligence artificielle dans les parcours clients, son sujet devient encore plus stratégique.

D’un projet étudiant à une entreprise internationale

Jonathan Cherki fonde Contentsquare en 2012.

À l’origine, le projet part d’une idée relativement simple : les entreprises disposent de nombreuses informations sur leurs clients, mais elles ont encore beaucoup de difficultés à comprendre précisément leur comportement sur Internet.

L’objectif est alors de rendre visibles des comportements qui restent difficiles à observer.

Que regarde réellement un visiteur ?

Sur quels éléments passe-t-il du temps ?

À quel moment rencontre-t-il une difficulté ?

Qu’est-ce qui peut expliquer qu’un parcours numérique aboutisse à une conversion ou, au contraire, à un abandon ?

Contentsquare va progressivement développer des outils capables d’analyser ces comportements et de transformer ces données en informations exploitables.

L’entreprise indique aujourd’hui que son histoire a commencé avec un projet étudiant destiné à améliorer l’expérience des utilisateurs en ligne. Elle affirme désormais accompagner l’optimisation de l’expérience sur plus de 1,3 million de sites web dans le monde.

Rendre visible ce qui ne l’est pas

La grande idée derrière Contentsquare tient dans une expression : rendre l’invisible visible.

Sur Internet, une entreprise peut connaître le nombre de visiteurs de son site.

Elle peut également connaître son chiffre d’affaires, son taux de conversion ou le nombre de pages consultées.

Mais ces chiffres ne racontent pas toujours toute l’histoire.

Deux sites peuvent avoir le même nombre de visiteurs et pourtant proposer des expériences totalement différentes.

L’un peut être simple, rapide et intuitif.

L’autre peut perdre ses visiteurs à cause d’une navigation compliquée, d’une page trop lente ou d’un parcours d’achat mal conçu.

L’analyse de l’expérience numérique cherche précisément à comprendre cette différence.

C’est ce positionnement qui a permis à Contentsquare de se développer auprès de nombreuses entreprises internationales. La société indique avoir réalisé six levées de fonds représentant au total 1,4 milliard de dollars.

Quand la donnée devient un outil de décision

Le parcours de Jonathan Cherki illustre une transformation importante du numérique.

Pendant longtemps, les entreprises se sont surtout intéressées au nombre de visiteurs, aux ventes et aux statistiques générales.

Progressivement, elles ont voulu comprendre davantage.

La donnée est alors devenue un outil permettant d’observer les comportements, d’identifier les difficultés et d’améliorer les parcours.

Cette évolution concerne aujourd’hui presque tous les secteurs.

E-commerce, banque, assurance, tourisme, télécommunications, médias ou services : partout, la qualité de l’expérience numérique peut influencer la relation entre une entreprise et ses clients.

Le numérique n’est donc plus seulement une question de présence.

Il devient une question d’expérience.

Contentsquare change d’échelle

Cette approche a permis à Contentsquare de connaître une forte croissance internationale.

Jonathan Cherki a notamment choisi de développer l’entreprise à l’échelle mondiale, après avoir lancé son projet en France.

Ce choix illustre une caractéristique commune à plusieurs entrepreneurs français du numérique : construire une technologie répondant à un besoin précis, puis chercher à la déployer au-delà du marché d’origine.

On retrouve ici une problématique que nous avons déjà rencontrée dans les parcours d’Arthur Mensch, d‘Octave Klaba ou encore de Philippe Corrot.

Mais chaque entrepreneur attaque un problème différent.

Arthur Mensch travaille sur l’intelligence artificielle.

Octave Klaba a construit une infrastructure européenne du cloud.

Philippe Corrot a développé une technologie permettant aux entreprises de créer et de gérer des marketplaces.

Jonathan Cherki s’est, lui, intéressé à ce qui se passe entre l’entreprise et son utilisateur.

2026 : l’intelligence artificielle change encore la donne

L’année 2026 marque cependant une nouvelle étape.

Les internautes ne découvrent plus nécessairement une entreprise en commençant par Google, puis en visitant son site.

Ils peuvent désormais poser une question à un assistant d’intelligence artificielle.

Ils peuvent demander une comparaison.

Ils peuvent rechercher un produit.

Ils peuvent obtenir une recommandation.

Le parcours numérique commence donc parfois avant même que l’utilisateur arrive sur le site de l’entreprise.

Contentsquare s’intéresse désormais directement à cette nouvelle réalité.

En mars 2026, l’entreprise a annoncé de nouvelles fonctionnalités destinées notamment à analyser les parcours qui passent par les grands modèles de langage, les applications ChatGPT, les assistants IA et les conversations. L’objectif affiché est de donner aux entreprises une vision plus complète des nouveaux parcours clients.

Cette évolution pose une nouvelle question aux entreprises :

comment comprendre un client lorsque son parcours commence avec une intelligence artificielle ?

L’expérience client ne commence plus forcément sur un site

C’est probablement l’une des grandes transformations du numérique actuel.

Hier, une entreprise cherchait principalement à optimiser son site internet.

Aujourd’hui, elle doit également réfléchir à la manière dont elle est découverte, présentée et recommandée dans un environnement numérique beaucoup plus vaste.

Un consommateur peut découvrir une marque :

  • sur un moteur de recherche ;
  • sur un réseau social ;
  • sur une marketplace ;
  • dans une vidéo ;
  • dans une application ;
  • dans une conversation ;
  • ou directement auprès d’un assistant IA.

Le parcours devient donc fragmenté.

L’enjeu n’est plus seulement de posséder un bon site.

Il faut être visible, compréhensible et identifiable dans l’ensemble de l‘écosystème numérique.

Une question qui concerne aussi les petites entreprises

Cette évolution pourrait sembler réservée aux grandes marques.

Elle concerne pourtant également les TPE, les indépendants et les commerces.

Un restaurant, un artisan, un coiffeur ou un commerçant peuvent eux aussi être recherchés par un internaute qui demande à une intelligence artificielle :

« Où trouver ce service près de chez moi ? »

La question de la visibilité numérique devient alors une question territoriale.

Le commerce qui possède une présence numérique claire, des informations actualisées et une identité facilement identifiable dispose de meilleures chances d’être découvert.

Celui qui reste invisible risque au contraire d’être absent des nouveaux parcours de recherche.

C’est ici que l’expérience numérique rejoint une autre problématique : celle du commerce de proximité.

De l’expérience numérique à la visibilité locale

Cette question de la visibilité locale ouvre un autre chapitre de la transformation numérique.

Car comprendre le comportement d’un utilisateur est une chose.

Faire en sorte qu’il puisse facilement découvrir les acteurs présents autour de lui en est une autre.

C’est précisément sur cette seconde problématique que travaille Pierre ZIMBRIS, entrepreneur du numérique et fondateur de l’association MES MAGASINS.

Son parcours est différent de celui de Jonathan Cherki.

Il ne cherche pas à analyser les comportements de millions d’utilisateurs sur les grandes plateformes.

Son approche part du terrain : celui des commerces, des artisans, des associations et des acteurs locaux.

À travers MES MAGASINS, Pierre ZIMBRIS défend une idée simple : le numérique peut également servir à donner davantage de visibilité aux acteurs qui font vivre les territoires. L’association se présente comme une plateforme au service des territoires et des acteurs locaux.

👉 [Découvrir le parcours de Pierre ZIMBRIS, entrepreneur du numérique et engagé pour le commerce de proximité]

Cette passerelle est intéressante.

D’un côté, Contentsquare cherche à mieux comprendre le parcours numérique de l’utilisateur.

De l’autre, la démarche portée par Pierre ZIMBRIS cherche notamment à améliorer la visibilité numérique des acteurs d’un territoire.

Deux approches différentes, mais une même question de fond :

comment faciliter la rencontre entre une personne et ce qu’elle recherche ?

Du parcours client au territoire

Cette réflexion permet d’élargir encore notre regard sur le numérique.

Au départ, il s’agit de comprendre le comportement d’un utilisateur sur un site.

Puis de comprendre son parcours entre plusieurs canaux.

Aujourd’hui, il faut également comprendre comment l’intelligence artificielle intervient dans cette découverte.

Demain, il faudra probablement réfléchir à la manière dont ces nouveaux outils peuvent aider les habitants à mieux découvrir les entreprises, les services et les acteurs présents autour d’eux.

La technologie change.

Mais la question fondamentale reste la même :

comment permettre à une personne de trouver plus facilement ce qu’elle recherche ?

Cette question dépasse largement les grandes entreprises.

Elle concerne également les territoires.

Le numérique peut-il rapprocher les habitants des acteurs locaux ?

C’est peut-être là que se trouve l’une des prochaines grandes étapes de la transformation numérique.

Après avoir créé des plateformes mondiales capables de mettre en relation des millions de personnes, le numérique peut également être utilisé à une échelle beaucoup plus locale.

Une ville possède ses commerces.

Ses artisans.

Ses associations.

Ses services.

Ses entrepreneurs.

Ses habitants.

Mais toutes ces informations sont souvent dispersées entre différents sites et différentes plateformes.

La prochaine évolution pourrait donc être celle de plateformes numériques territoriales capables de mieux connecter les acteurs d’un même territoire.

Cette logique rejoint justement la vision développée par MES MAGASINS, qui cherche à structurer une présence numérique collective autour des commerces, artisans, associations et autres acteurs locaux.

Jonathan Cherki, un entrepreneur au cœur d’une nouvelle étape du numérique

Le parcours de Jonathan Cherki est intéressant parce qu’il accompagne plusieurs grandes étapes de la transformation digitale.

D’abord, comprendre les comportements des internautes.

Ensuite, utiliser la donnée pour améliorer l’expérience.

Puis analyser des parcours qui se multiplient sur différents canaux.

Et désormais, comprendre des parcours dans lesquels les intelligences artificielles deviennent elles-mêmes des intermédiaires entre les utilisateurs et les entreprises.

Contentsquare continue ainsi de faire évoluer sa plateforme vers cette nouvelle réalité.

En 2026, l’entreprise présente notamment ses nouvelles capacités comme une manière de mieux comprendre les parcours qui passent par les assistants IA, les LLM, le web et le mobile.

Ce que le parcours de Jonathan Cherki nous apprend

L’histoire de Jonathan Cherki rappelle une chose essentielle : les grandes transformations numériques commencent parfois par une question très simple.

Comment mieux comprendre l’utilisateur ?

Cette question a permis de créer Contentsquare.

Elle a également accompagné le développement de l’analyse de l’expérience digitale.

Aujourd’hui, l’intelligence artificielle ouvre un nouveau chapitre.

Les entreprises doivent désormais comprendre non seulement leurs visiteurs, mais aussi la manière dont les assistants IA peuvent participer à leur découverte.

Et demain, cette logique pourrait descendre jusqu’à l’échelle des villes et des quartiers.

Car derrière toutes ces technologies, il reste finalement la même ambition :

mettre le numérique au service d’une meilleure relation entre ceux qui proposent quelque chose et ceux qui le recherchent.

C’est précisément à cet endroit que le numérique, le commerce et les territoires commencent à se rencontrer.

De l’expérience client à l’expérience territoriale

Cette évolution mérite d’être suivie.

Les grandes plateformes numériques ont appris à comprendre les utilisateurs.

Les marketplaces ont appris à organiser la rencontre entre vendeurs et acheteurs.

Les réseaux sociaux ont transformé la communication.

L’intelligence artificielle commence désormais à jouer le rôle d’intermédiaire dans la recherche d’information.

La prochaine question pourrait être beaucoup plus locale :

comment faire en sorte que ces technologies profitent aussi aux commerces indépendants, aux artisans, aux associations et aux territoires ?

C’est sur cette frontière entre technologie et proximité que de nouveaux modèles peuvent apparaître.

Le parcours de Jonathan Cherki permet de comprendre l’évolution de l’expérience numérique.

Celui de Pierre ZIMBRIS permet d’explorer une autre dimension : celle de la visibilité numérique territoriale.

Deux parcours différents.

Deux échelles différentes.

Mais un même constat : le numérique transforme profondément la manière dont nous trouvons, découvrons et choisissons.


À découvrir également sur Numérique.wiki

Arthur Mensch, l’entrepreneur français qui veut encore croire à une IA européenne.

Octave Klaba, le fondateur d’OVHcloud qui a construit l’un des grands acteurs européens du cloud.

Philippe Corrot, l’entrepreneur qui a contribué à transformer le commerce avec les marketplaces.

Philippe de Chanville, qui a participé à la transformation numérique du marché du bricolage.

Frédéric Mazzella, fondateur de BlaBlaCar et pionnier des plateformes de mobilité partagée.

Thibaud Hug de Larauze, dont le parcours illustre la transformation du commerce et l’essor de l’économie circulaire.

Alexandre Prot, qui cherche à simplifier la vie financière des entreprises grâce au numérique.

Pierre ZIMBRIS, entrepreneur du numérique engagé dans une réflexion sur la visibilité locale et le numérique au service des territoires.

0%